Je reviens car nous avons discuté de ton post dans l'équipe et avons constaté que deux d'entre nous étaient sortis facilement de la
cc injectée dans les mêmes circonstances, sortis et pas revenus à !
Pour couronner ma réponse, j'avais 53 ans quand le médecin contrôleur de la CPAM m'a accordé une pension d'invalidité non pas à cause de mon hépatite C, ni de la dépression nerveuse sévère attestée, mais ma pharmaco-dépendance à la
méthadone. C'est cette dernière qui a provoqué la décision de m'accorder une invalidité au-dessus de 70% (très surpris à l'époque de ce fait).
Les deux d'entre nous ont eu une chance qui est d'avoir à ce moment là un co-dépendance opiacée (pour moi
codéine) et que j'ai été mis de suite sous
méthadone en démarrant un peu haut (à 60 mg) pour monter à 120 mg et plus pendant le premier mois.
La
méthadone m'a couché au sol mais bien dans ma tête. J'ai du appeler mes fils pour venir vivre avec moi car la première semaine, je passais mon temps allongé, plutôt jouasse que contrit. L'été qui a suivi, grâce à l'effet de "découverte du planage sous
méthadone" que j'avais redescendu à 60 mg, j'ai fait de la randonnée avec le plus grand plaisir autour des Gorges du Tarn en oubliant 100% la
cc qui m'avait un peu trop fasciné. J'avais même oublié que j'adorais le
cannabis et que je n'en avais plus.
Je ne te donne pas une combine, je partage ce que j'ai vécu et encore jamais écrit. Mais, un de mes collègues me dit : 100% pareil pour lui ! Pour moi, c'était il y a 23 ans.
D'où le partage. Cela me serait impossible de vivre sans cette aide généreuse que m'offre l'opiacé et sans être en dépression par simple ennui, manque de motivations et anhédonie. Au lieu de cela, je vis plutôt bien mon 3° âge avec quelques lignes offertes mais sans aucun
craving pour la
cc qui, malgré son abondance sur le territoire, ne me fait plus plaisir plus que cela.
Si je t'écris ce vécu, c'est aussi que je sais que des addictologues lisent le forum et qu'à part celui qui m'a trouvé en sale état, très peu auraient le courage de mettre sous opiacé un cocaïnomane psychiquement très dépendant du
crack ou de l'I.V. de
cc.
Au nom de "on ne remplace pas une drogue par une autre drogue", très peu vont oser franchir le pas. Pourtant, l'usage des drogues a ses côtés très positifs, le tout est de les faire accepter par des têtes construites comme celles du professeur Constantin, de monsieur Darmanin ou d'autres qui sont encore au 19° siècle. Désolé pour les personnes publiques citées, mais elles n'avaient qu'à pas se prononcer sur des sujets qu'ils ne connaissent pas du tout du tout du tout sauf que ça fait bien sur les braves gens de se dire contre, malgré le bordel qu'ils mettent dans des secteurs qui ne sont pas les leurs (la santé).
J'ai accompagné quelques personnes vraiment "à croc" au
crack à l'hôpital (à leur demande) et qui sont ressorti de l'hôpital où ils avaient signé l'acceptation de rentrer en service fermé le lendemain ou au jour 3 !
Donc, ton idée de
sevrage me fait un peu peur bien que ton premier post montre quelqu'un qui a du vécu dans le domaine. Pour moi, un
sevrage est un gros traumatisme dont les conséquences me font peur pour en avoir vécu pas mal.
Je ne peux pas t'offrir plus d'aide que cette piste.
Amicalement
Fil