Voilà quelque chose que j'ai longtemps eu envie d'écrire, seulement je sais pas bien comment l'exprimer.
On grandit, on cherche à se construire, à devenir quelqu'un, à devenir soi-même. On aimerait tellement être original, ne pas être que des bouts d'autre! Etre fidèle à soi-même: mais cela signifie donc qu'à la
base, il y a un "moi-même" auquel je devrais l'être, fidèle (j'ai l'impression de confronter Sartre et Platon là lol).
Seulement voilà , moi, je ne me sens jamais pleinement moi. Parce qu'il y a trop d'options, de contradictions, de faussetés, de fausses notes. Je crois que je pourrais découper tout ça, tout mon être en trois parties: the Goth, the Junky and the Fighter dirions-nous
Tout d'abord, pourquoi fighter? Depuis petite, j'ai connu pas mal d'épreuves, plus ou moins directement: soit j'étaits sujet, touchée; soit dans ma famille; situation générale etc Et pourtant, on s'en est toujours (à peu près) sorties. Par exemple, toujours des bonnes notes; j'ai quand même pu un peu voyagé, je fais du théâtre,... Fighter aussi parce que desfois, je me définirais par la karaté: je me sens desfois en période "healthy". je vais au sport, après hop je bosse un peu, je fais des projets. Je suis encore enthousiaste; j'espère encore. Je suis drôle. J'en veux quoi. Je me bas sur les tatamis, et contre mes autres Moi. Mais ça ne dure jamais longtemps. Je ne suis pas dupe.
Mais, depuis le lycée surtout (et bien avant, le problème doit être sous-jacent), il y a la "Goth". Au plus profond. Celle que peu de gens connaissent réellement. Parce que les illusions ne brillent plus. Parce que, tout à coup, la dépression t'attaque, s'infiltre dans tes veines et s'insinue dans ton âme. Plus d'espoir, plus de pensée, plus de projet. Tout s'arrête maintenant. Je ne sais pas si tout était plus beau avant, et j'ai tout perdu; ou s'il n'y a jamais eu que des ruines, de la fumée. Et ce sang, qu'on fait couler. Par habitude, par goût du néant, par souffrance - ou par plaisir. Car dans cet univers, cette part de moi, il y a le dégoût. De soi, d'Autrui; mais aussi la quête de cet autre. Sang, sexe, oubli de soi. L'autodestruction, le Mal: la preuve qu'on ressent toujours, hein. Et pourtant, même dans cette désolation, je ne suis pas seule, je ne suis pas moi. Je ne suis qu'une de plus! Je me désintègre. Et même si j'étais pleinement prise dans moi-même en cet instant, quelque chose me soufflerait, doucement à l'oreille que non, ça ne suffit pas. Tu connais pas l'unité salvatrice.
Car bien évidemment surgit la Junky. La tox; l'(ex) pute toxico à ses heures perdues et enterrées. Découvrir la drogue, c'est ajouter une caractéristique sur ton CV personnalité (attention! c'est pas de la valeur ajoutée, c'est juste une cas en plus à cocher quoi). Pendant la période de découverte, c'est l'euphorie: du produit, de la communion avec els gens qui font de même autour de toi. Puis, avouons-le, ce côté marginal. Rare (l'
héro, c'est pas du
shit quoi... pff). Puis, peu à peu, on s'habitue. Aux effets, au ressenti. Mais ne ne la lâche pas pour autant, cette main de poudre qui tient la mienne; je la serre fort cette main léprée. Elle m'envahit: mon identité, ce n'est plus que ça. J'en ai besoin. Comme un creux, un trou sans; et pourtant, plus je remplis ce creux, plus ce produit, acide, me ronge, et ma plaie se fait de plus en plus béante! Mais, dans cette merde, est-ce que, au moins, je suis moi? Je fais le trottoir: est-ce au final ma place? Je le quitte en courant nonchalemment. A chaque fois, chaque expérience, je me cherche, seulement je suis de plus en plus perdue. Tout devient habitude, routine. Inintérêt. Passé. Extérieur.
Un matin, un soir; à l'aube, au crépuscule, je vois mon visage dans un miroir, mon reflet sur une fenêtre. Avec tout l'arbitraire que cela représente, je dosi accepter que ces traits forment MON visage; ce que je présente à autrui. Visage qui peut se changer, qui m'obéit. Qui fait sa pute lui aussi. Et pourtant, il ne ment pas. Mélange de mes moi, et pourtant toujours indéfini? Incomplet. Ravagé comme ma conscience.
Je suis ainsi triple, mais je ne reste jamais dans une phase qui serait bénéfique? Et surtout, sachant que, toujours, j'ai la possibilité d'être dans une autre phase, je ne me sens jamais totale, complète, accomplie. Je ne peux pas mixer les trois: je peux pas me shooter avat d'aller au karaté par exemple. En étant moi-même, j'espère être au moins vraie; mais je me sens irrémédiablement attirée par l'autre moi-même. Souvent la junk est celle qui m'appèle, la racoleuse. Et, là , j'essaie de fuir, de chasser cette pensée: car alors je ne serais plus fidèle envers une des autres Moi. Mais elle finit toujours par me rattrapper.
Et au final, dans chacun de ses rôles, je suis vide, je suis fausse. Je voudrais croire; mais je n'ai pas de
base sur laquelle me poser, pas d'unité qui pourrait me réconcilier avec la vérité? Je suis condamnée à l'artificiel.
(désolée d'avoir fait aussi long, vous avez sûrement dû en avoir marre avant d'arriver là ... Pour ceux qui ont lu, je sais pas si vous avez compris... C'est mal expliqué, mal écrit, sorry)