Retour sur la Lisdexamfétamine (Elvanse) - Alternative à la Ritaline (Méthylphénidate) 



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Salut tout le monde !

J'ai hésité à poster ceci sur le forum mais à défaut de savoir dans quelle section poster (Médicament psychotrope ou Amphétamines ?), et s'agissant de mon expérience personnelle, je fais un billet de blog !

Après plus d'un an sous méthylphénidate (ritaline li et ou concerta), j'ai récemment commencé la Lisdexamfétamine (Elvanse/Vyvanse). La Lisdexamfétamine est une prodrogue qui n'a en tant que telle aucun effet sur l'organisme. Son action réside dans le fait qu'elle est métabolisée dans le sang en dextroamphétamine, molécule active.

En fonction du métabolisme de chacun, une gélule dure jusqu'à 12-14 heures.

A propos de moi et résumé:
Pour faire court, diagnostic TDAH et TSA tardif chez moi, à l'âge d'un jeune adulte. Après des années à masquer,  à tirer sur la corde (mentale) et à la suite d'un accident physique, je n'ai plus eu la force de combattre les difficultés constantes du TDAH et du TSA. Dès l'instant où j'ai arrêté de masquer, mon psychiatre a pu poser les diagnostics.

Premier traitement: bupropion (Wellbutrin)

Le premier traitement que j'ai reçu pour mon TDAH est le buprorion, un antidépresseur qui agit sur la dopamine. Le but était de gérer la dépression tout en gérant les symptômes du TDAH.

Je l'ai essayé plus de 5 semaines sans en ressentir un bénéfice suffisant pour justifier ses effets secondaires. J'ai eu certes un léger regain de motivations à accomplir mes tâcjhes mais contrebalancé par des accès de sueurs et des crises d'angoisse causées par le médicament même.

Méthylphénidate : Du concerta à la ritaline LI

Après avoir débattu un long moment avec mon médecin, celui-ci a accepté de me prescrire du méthylphénidate d'abord sous Ritalin LI 5 mg et Concerta 18 mg. A ces doses-là, je ne sens pas grand chose et c'est à force d'essais et de négociations que j'ai pu avoir accès à 40 mgs LI de ritaline par jour.

La LP du concerta ne m'a pas convenu là où 20 à 30 mg de ritaline me suffisaient pour 4-5 heures de temps. Les effets ? A faible dosage (10 mg), un calme que je n'avais jamais connu auparavant dans ma tête. Je peux fermer les yeux et ne penser à rien sans que mon cerveau n'aille dans tous les sens.

Je me sens presque euphorique de ressentir un tel calme (pas causé par la chimie du médicament cependant). A de faibles doses, la ritaline m'aide même à dormir. A plus haute dose, 30-40 mg par prise, il y a une vraie euphorie et un gros boost de motivation: les tâches du quotidien ne me semblent plus compliquées, j'ai envie de faire des choses.

Les effets secondaires gênants que j'ai avec la ritaline et qui ont fait que j'ai demandé à changer son la sueur profuse et des troubles intestinaux (diarrhées, besoin d'aller à selles).

Le plus gros souci ? Le crash. Lorsque la ritaline LI arrête de faire effet, toute l'anxieeté de l'hyperactivité mentale qui avait été retenue par le médicament revient comme un raz-de-marée  et grosse crise d'angoisse. Selon les quantités prises, les tremblements pendant et après la prise sont problématiques.

Un aspect à prendre en compte avec le méthylphénidate est son effet coupe-faim. Il ne s'agit pas juste d'un coupe faim mais dans mon cas, j'ai un dégoût de la nourriture ce qui est problématique car je suis à risque d'hypoglycémie.

Je ne m'en suis rendu compte qu'après être passé à la Lisdexamfétamine, le Méthylphénidate me rendait légèrement agressif et me mettait dans un état de tension.

Passage au Lisdexamfétamine

Ca n'a pas été facile de passer à l'Elvanse. Entre faire accepter le médecin en lui expliquant que les effets secondaires de la Ritaline sont trop problématiques et les problèmes d'approvisionnement, j'ai dû attendre près de six mois.

Première prise il y a quelques jours à 20 mg... sur l'instant, j'ai l'impression de rien sentir et... je m'endors. Ce n'est que plus tard que j'ai réalisé que l'Elvanse avait un effet extrêmement relaxant chez moi, toute la tension du TDAH  se relâche et je peux dormir, sans benzo.

L'effet est beacoup plus subtil que la ritaline. C'est beaucoup plus plaisant. La ritaline, l'impression, c'est qu'on utilise le bazooka pour tirer sur une fleur. L'elvanse a un effet relaxant beaucoup plus doux.

A 20 mg, ce n'est cependant pas suffisant pour être productif. J'ai donc essayé 40 mg puis 60 mg. A 40 mg, j'ai l'impression que c'est le juste milieu pour être bien et être productif: pas d'accès de sueurs, pas de troubles digestifs et une légère euphorie, pas intoxicante, juste parfaite.

60 mg, c'est légèrement trop, je sens la tachycardie et les effets positifs sont effacés par un trop plein d'énergie. Insomnie et mâchoire serrée, comme du speed donc.

L'elvanse étant transformé dans le sang, les gélules peuvent donc être théoriquement ouvertes, écrasées et sniffées et elles sont solubles dans l'eau, ce qui implique donc qu'il peut être injecté. Son passage dans le sang le transformera en Dextroamphétamine, molécule active. Je précise que je ne l'ai pas fait (injecté ou sniffé), ce n'est que la théorie. Beaucoup de gens pensent que c'est le foie qui métabolise la Lisdexamfétamine mais ce n'est pas le cas, c'est dans la circulation sanguine que ça se fait.

Mon opinion

Rien de bien transcendant dans mon post... L'elvanse fait son job mais mieux que la Ritaline. Je n'ai pas l'impression d'avoir été passé sous un bulldozer pour bénéficier des bénéfices de la molécule. A 40 mg, je me sens légèrement euphorique, motivé à accomplir mes tâches et de bonne humeur.

L'elvanse a aussi un effet coupe faim mais là où la ritaline dégoûte de la nourriture, provoque des nausées et maux de têtes, l'Elvanse a juste l'effet coupe faim. Pas de dégoût, s'il faut manger, je peux manger.

Les points négatifs que je verrais sont la trop longue durée d'action de 12 heures. Il existe un médicament qui existe déjà sous la forme de dextroamphétamine qui lui dure 6 heures (car il n'a pas besoin d'être métabolisé de Lisdexamfétamine en Dextro) mais il n'est autorisé que pour les enfants là où l'Elvanse est préférablement indiqué chez l'adulte.

Pourquoi ? Je ne sais pas. A la fin, la molécule active est la même. Je suppose que le risque d'abus sous forme pure de dextro est problématique chez l'adulte ? C'est ma supposition ?

Cela dit, la biodisponibilité de la Lisdexamfétamine est vraiment bonne et elle est transformée par son premier passage dans le sang.

Comme me l'a fait remarqué une membre du forum en privé, le potentiel risque de la Lisdexamfétamine c'est sa neuro/cardio toxicité possible. Il n'y a pas eu des masses d'études sur la molécule qui est encore relativement récente là où le méthylphénidate existe depuis un moment.

Dans tous les cas, avec une telle médication, je fais un bilan cardaique fréquent et mesure ma tension artérielle/pouls une fois par semaine. Je remarque qu'il y a une légère augmentation des valeurs mais rien d'inquiétant.

L'Elvanse est, à mon avis, une molécule bien plus efficace pour le TDAH mais son effet euphorisant bien plus plaisant peut vite amener à la surconsommation et dans ces cas-là, le coeur/le corps le fait savoir assez vite.

L'elvanse est une bonne alternative à la Ritaline et à l'Adderal (mélange de plusieurs sels d'amphétamines en Amérique, interdit en Europe), je trouve dommage qu'il ne soit pas encore autorisé en France là où d'autres pays voisins l'ont adopté.

Pour moi, ça a vraiment changé la donne. Moins besoin de benzos, beaucoup plus serin et productif et franchement... je vais pas me plaindre de ce petit buzz euphorisant.

Catégorie : Trip Report - 26 mars 2025 à  04:18

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Texte mis dans les morceaux choisis de Psychoactif. (pierre)



Commentaires
#1 Posté par : prescripteur 01 avril 2025 à  09:05
Pour info

https://fr.wikipedia.org/wiki/Lisdexamf%C3%A9tamine

Après avoir obtenu une autorisation de mise sur le marché en mai 2020, Takeda rend disponible la lisdexamfétamine dans les pharmacies belges via sa filiale Shire Pharmaceuticals Ireland en novembre 2021[11]. La molécule est alors disponible dans une dizaine de pays européens, mais pas en France (sauf ATU).

En 2023, la FDA autorise les premières versions génériques de la lisdexamfétamine, mettant ainsi fin à l'exclusivité détenue jusqu'alors par Takeda sur cette molécule[12].

La lisdexamfétamine est commercialisée à travers le monde sous les noms suivants (liste non exhaustive) : Aduvanz (version adulte en Norvège), Elvanse (UE, UK et Suisse), Samexid (Chili), Tyvense (Irlande), Venvanse (Brésil), Vyvanse (Australie, Canada, États-Unis, Japon, Singapour).

Là encore la France se singularise. ça me rappelle le nuage de Tchernobyl qui a survolé toute l'Europe, sauf la France (du moins selon nos pouvoirs publics de l'epoque) Si je comprend bien la lisdexamphetamine donne un effet therapeutique, sauf en France.  Amicalement


 
#2 Posté par : CaptainCrox' 02 avril 2025 à  12:14

prescripteur a écrit

Salut Prescripteur,

Je comprends, dans une certaine mesure, les craintes des autorités françaises (je dis bien que je comprends, pas que je valide): L'elvanse est une molécule qui une fois métabolisée est une amphétamine avec les "risques" inhérents à celle-ci.

Cependant, comme tout médicament, il faut peser le ratio bénéfice/risque et mon expérience, ainsi que celle de nombreux patients sous Elvanse avec qui j'ai discuté, cette molécule leur (nous) a changé la vie.

Je me suis énormément renseigné auprès d'autres personnes qui prennent l'Elvanse et les retours que j'ai eus sont globalement positifs:  Effets thérapeutiques accomplis à dose raisonnable avec moins d'effets secondaires VS MéthylPhénidate à haute dose qui soulage les symptômes du TDAH mais au coût d'effets secondaires gênants.

Cela étant, l'Elvanse a malgré tout ses défauts: là où la ritaline peut être prise en continu ou à l'inverse, être arrêtée pour des vacances ou pour une période donnée sans trop de soucis, l'Elvanse a deux conditions: il est semble-t-il (compendium) nécéssaire de le prendre quotidiennement, même les jours où on ne a pas besoin. Cela ne signifie pas qu'il ne faut pas faire de pause, il est d'ailleurs recommandé d'en faire une au moins une fois par an et de ne pas prendre en continu l'Elvanse plus de 12 mois d'affilé.

Il est plus facile de faire des pauses ON/OFF avec la ritaline les week-ends, ou lors de vacances qu'avec l'Elvanse. Arrêter l'Elvanse du jour au lendemain, c'est s'exposer à des symptômes de sevrages assez déplaisants.

Cela fait environ 2 semaines et demie que je prends l'Elvanse et lorsque j'ai voulu faire une pause de 2 jours dimanche et lundi, je me suis retrouvé en sevrage:

- Crise d'angoisse
- Tremblements
- akathisie
- fatigue (et insomnie)
- grosse dépression (les deux jours de pause, j'avais l'impression d'être retombé aux bas-fonds de ma pire dépressions)

Les benzodiazépines n'ont en aucun cas calmé ces symptômes et le tout s'est calmé à la reprise de l'Elvanse.

La légère euphorie provoquée par l'Elvanse et l'installation d'une possible Tolérance pourrait pousser certains usagers à en abuser mais là encore, c'est au médecin en accord avec le patient de définir si une telle molécule convient au profil.

Mon médecin était persuadé que vu mon passé addictif, j'abuserais de la molécule mais après discussion et après avoir testé, il s'avère que l'Elvanse diminue mes cravings d'autres substances. Je suis sous Fentanyl et benzos. Le Fentanyl pour la douleur (et une part pour son effet anxiolytique) et les benzos pour les insomnies et crises d'angoisse.

Depuis que je suis sous Elvanse, mes cravings de Fentanyl (càd de prendre plus que nécessaire à l'antalgie) et mes besoins en Benzodiazépines ont diminué drastiquement. Sous Elvanse, je n'ai plus d'angoisse, j'ai l'esprit clair, lucide et je suis productif. Je n'ai plus envie d'anesthésier mon esprit avec le Fentanyl ou les benzodiazépines.

En discutant avec mon pharmacien de la peur de l'addiction ou de l'abus, il m'a dit que dans mon cas (il me connaît), il préfère me savoir sous Elvanse avec une diminution des doses "en trop" de Fentanyl et benzos, que d'abuser du Fentanyl et des benzos pour calmer l'hyperactivité mentale.

On en revient toujours au cout-bénéfice et l'Elvanse m'a changé la vie. Oui, l'Elvanse a un risque "addictif" plus grand et la tolérance s'installe beaucoup plus vite (je n'ai jamais eu l'impression d'avoir de tolérance avec la ritaline cependant), le syndrome de sevrage semble aussi plus compliqué à gérer, l'Elvanse ne peut pas être arrêté du jour au lendemain comme la Ritaline que j'avais.

Cela étant, je viens de regarder mes tensions artérielles, pouls mesurés sous ritaline et sous Elvanse et je constate que l'Elvanse a augmenté les valeurs d'environ 10% là où la Ritalin les faisait monter de 20 à 25% (j'arrondis le tout entre TA et Pouls).

Chacun réagira à sa façon bien évidemment, mais je ne vois aucune raison de ne pas autoriser l'Elvanse en France. Je peux éventuellement comprendre que, comme en Suisse, ils décident d'en faire un médicament de deuxième intension (après avoir essayé le méthylphénidate) mais rien des retours d'usagers, patients ou des études anglophones ne semblent indiquer que ce médicament n'a pas d'effet thérapeutique ou est dangereux.

Les effets thérapeutiques se sont faits sentir chez moi dès la première journée. Je me suis endormi tellement son effet sur l'hyperactivité mentale était fort. J'ai diminué mes prises de benzo de 75% et lors des jours de prise d'Elvanse, je n'ai pas eu envie de prendre du Fentanyl en récréatif, seulement en dose antalgique.


 
#3 Posté par : prescripteur 02 avril 2025 à  12:19
Merci de ces precisions. Amicalement

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